Les leçons et expériences tirées par la délégation du Burkina Faso de l’Echange avec Madagascar

Une partie des experts burkinabè qui ont participé au voyage d’étude à Madagascar.

Le dynamisme du processus REDD+ de Madagascar repose sur son encrage institutionnel. En effet, le Bureau National de Coordination de la REDD+ (BNC-REDD+) est un service technique national rattaché au Secrétariat Général du Ministère en charge de l’Environnement, et exclusivement consacré au mécanisme REDD+. Ce type d’approche institutionnelle qui traduit une appropriation du processus par le gouvernement pourrait permettre au Burkina Faso d’également améliorer son ancrage institutionnel pour gagner en efficacité dans la conduire son processus REDD+. En plus de son encrage institutionnel fort et stratégique, Madagascar dispose de ressources humaines diversifiées et reparties de manière stratégique selon les thématiques clés du processus REDD+. Cette organisation permet à l’équipe de Madagascar de cerner la complexité du processus. Ceci interpelle la partie burkinabè sur la nécessité de renforcer et de spécialiser l’équipe du Secrétariat Technique National REDD+.  Sur le plan opérationnel, le Burkina Faso est dans le processus d’élaboration de sa Stratégie Nationale REDD+. Il conduira bientôt le processus d’Evaluation Environnementale Sociale et Stratégique (EESS). L’expérience de Madagascar sur ces deux piliers de la REDD+ a édifié les experts du Burkina Faso. En effet, l’implication des parties prenantes (administration, OSC, secteur privé, groupe vulnérable…) à chaque étape du processus a permis à Madagascar d’avoir des documents consensuels. Il appartient donc au Burkina Faso de s’inspirer de cette démarche pour réussir l’EESS. Les échanges ont également permis aux experts du Burkina Faso de découvrir des approches nouvelles liées au système de Mesure-Notification-Vérification. A l’instar de la question de la définition de la forêt, Madagascar, après avoir expérimenté une seule définition s’est résolu à adopter trois définitions pour tenir compte de toutes les spécificités des formations végétales qui couvrent le pays. Le Burkina Faso n’étant pas informé qu’il était possible d’avoir plusieurs définitions de la forêt dans le cadre du processus REDD+ gagnerait donc à réviser sa définition unique de la forêt pour avoir soit une définition plus exhaustive ou des définitions qui tienne compte des quatre (04) zones phytogéographiques du pays. Le laboratoire géomatique du BNC-REDD+ est un autre élément qui a satisfait la curiosité des experts du Burkina Faso. Ce laboratoire appui la cellule MNV dans la collecte des données liées aux changement d’utilisation des terres et les changements du couvert forestier pour faciliter le suivi du niveau d’émission de référence forestier National. Le laboratoire assure le suivi périodique de l’évolution de ces données pour le compte des fonctions surveillance et Mesure du système national de surveillance forestière. Répliquer cette structure au sein de la Direction Générale de l’Economie Verte et du Changement Climatique du Burkina Faso permettra au Ministère de tutelle du processus REDD+ de gagner en autonomie et en durabilité pour le processus. La société civile de Madagascar n’est pas en marge du processus REDD+ du Pays. Mieux, elle occupe une place de choix dans la mise en œuvre des différentes phases du Processus. En effet, le volet information, communication et sensibilisation du processus est entièrement confié à la société civile malgache avec les organisations féminines en première ligne. Le voyage d’étude a été une véritable opportunité d’enrichissement aussi bien pour les experts du Burkina Faso que pour les Experts de Madagascar. Les différentes expériences qui ont été partagées sur la REDD+ permettront à chaque partie de consolider ses acquis.

 

Thierry Rolland N. OUEDRAOGO

Expert en communication / PIF-BF

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