INTERVIEW – PIF-Burkina Faso : La Directrice des Fonds d’investissement climatiques satisfaite des résultats obtenus

A quelques mois de la clôture du Programme d’investissement forestier (PIF), la directrice des Fonds d’Investissement Climatique (CIF), a séjourné au Burkina Faso, du 02 au 04 mars 2020. Accompagnée de ses proches collaborateurs, Mafalda DUARTE est venue constater les réalisations du Programme d’Investissement Forestier du Burkina Faso (PIF-BF) et s’approprier les résultats de cette première phase afin de mener le plaidoyer à l’échelle internationale pour des financements additionnels. Au cours de sa mission, Mafalda DUARTE a visité des forêts classées, des plateformes multifonctionnelles, un jardin maraîcher, un site d’apiculture et un groupement féminin spécialisé dans la transformation de lait. Sur les différents sites, elle a échangé avec les acteurs et recueilli leurs doléances. C’est une directrice du CIF pleinement satisfaite de ce qu’elle a observé qui s’exprime au bout du micro du PIF-BF. Lisez-plutôt.

Mafalda DUARTE : Directrice des Fonds d’Investissement Climatiques (CIF)

 

PIF-BF : Présentez-nous les Fonds d’investissement climatique

Mafalda DUARTE (MD) : Les Fonds d’Investissement Climatique (CIF) ont été créés en 2008 pour aider les pays en développement à réaliser des investissements en matière d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques. Nous intervenons dans 72 pays en développement à travers le monde dont le Burkina Faso. Nous avons plus de 300 projets pour plus de 8 milliards de dollars d’investissements sur le plan mondial dans les domaines de la foresterie, de l’agriculture, de l’eau, de l’énergie et des transports. Nous sommes en train de démarrer cette année un projet dans le secteur de l’énergie ici au Burkina Faso. Il sera un autre projet après le Programme d’investissement forestier (P.I.F).

 

PIF-BF : Quels sont les objectifs de votre visite ici au Burkina Faso ?

MD : Je suis venue constater les réalisations du Programme d’Investissement Forestier du Burkina Faso. Nous travaillons avec le Gouvernement burkinabè depuis 2010. Cela fait maintenant 10 ans. Je suis venue voir les résultats des investissements et de tous les efforts réalisés par le Programme d’Investissement Forestier. Je suis venue également parler avec les bénéficiaires et toutes les personnes engagées pour l’implémentation du programme et recueillir leurs témoignages et leurs opinions. C’est très important pour nous de venir voir les résultats au Burkina Faso, car c’est le seul pays sahélien qu’on a dans le Programme d’investissement forestier (échelle mondiale). La priorité était jusque-là donnée aux pays des forêts tropicales au détriment des pays sahéliens. Pour cela, il est important de valoriser les résultats que nous avons ici. Nous avons écouté les bénéficiaires et nous allons porter leurs messages.  

 

PIF-BF : Quelle est la contribution exacte des Fonds d’investissement climatique au Programme d’investissement Forestier au Burkina Faso ?

MD : Les Fonds d’Investissement Climatique apportent 40 millions de dollars au Burkina Faso à travers quatre projets qui sont mis en œuvre dans différentes zones du pays. J’ai visité une petite partie des résultats de ces projets. Je suis très satisfaite de ce que j’ai vu. Le Programme d’Investissement Forestier du Burkina Faso a fait un très bon travail.

 

PIF-BF : Concrètement, qu’est-ce que vous avez vu sur le terrain ?

MD : J’ai vu des réalisations de plusieurs projets. J’étais dans des forêts classées où j’ai vu le travail qui est fait pour contrer les feux. J’ai rencontré des apiculteurs, des comités de gestion des forêts, des femmes bénéficiaires de plateformes multifonctionnelles… J’ai aussi visité un très beau jardin maraîcher exploité par des femmes, une coopérative de femmes spécialisées dans la transformation de lait et une famille bénéficiaire d’un bio digesteur. Nous avons vu des résultats sur le terrain et la connexion qui existe entre la subsistance des familles et l’existence des forêts. C’était une visite enrichissante.

La Directrice du CIF a été sensible aux avantages socio-économiques que le forage pastoral de Galo (commune de Sapouy) procure aux femmes

PIF-BF : Durant vos visites sur le terrain, les acteurs vous ont-ils fait part des difficultés qu’ils rencontrent ?

MD : J’ai beaucoup échangé avec les femmes. Et elles ont soulevé la nécessité de faire des investissements additionnels. Par exemple, dans le jardin que j’ai visité, les femmes ont souhaité la réalisation d’un autre forage. C’est important car le jardin a grandi et accueille plus de femmes. Cela est aussi dû aux bons résultats qui sont déjà obtenus. Au niveau des plateformes multifonctionnelles, les femmes ont demandé des équipements supplémentaires et surtout des toilettes. Au niveau de la coopérative de productrices de lait, l’histoire est assez intéressante. Elles produisent actuellement 140 litres de lait par semaine mais peuvent aller jusqu’à 1400 litres pour approvisionner Ouagadougou. Mais pour atteindre ce rythme de production, elles ont besoin de capacités de stockage à froid et de moyens pour acheminer le lait jusqu’à Ouagadougou dans de meilleures conditions.

Les braves Femmes de l’Association Allha Walou (commune de Sapouy) veulent conquérir plus de part de marché avec leurs produits laitiers.

PIF-BF : Quelle appréciation faites-vous du travail de vos collaborateurs du Burkina Faso ?

MD : Comme je l’ai dit, j’ai visité des projets qui sont implémentés à l’Ouest et au Sud de Ouagadougou. J’ai vu différentes activités et je dois dire que les équipes ont fait un très bon travail à destination des populations et des familles. Les populations et les familles nous ont expliqué comment les actions du PIF ont changé leur vie. La compréhension de la connexion entre les forêts et la subsistance et la prospérité de la famille était vraiment significative.

La Directrice du CIF a visité la Forêts Classée de Oualou en compagnie du Coordonnateur National du PIF et son équipe

PIF-BF : Le PIF tend vers sa fin. Quelles sont les perspectives au niveau des Fonds d’investissement climatique ?

MD : C’est aussi pour cela qu’il était très important que nous venions au Burkina Faso à cette étape de la mise en œuvre du Programme. Il est important pour nous de retourner présenter ces résultats et ces témoignages aux pays qui financent les actions de lutte contre le changement climatique. Il est important que les gens voient et comprennent l’importance des investissements faits. Il ne faut pas penser qu’aux pays qui ont des forêts tropicales, il faut aussi penser aux pays sahéliens comme le Burkina Faso. Au niveau international, des travaux sont en cours pour comprendre la séquestration du carbone dans le sol. C’est une autre dimension dont le Burkina Faso pourra bénéficier dans le futur.  Avec des méthodologies techniques assez solides sur la question, il apparaît que des pays comme le Burkina Faso apportent plus dans la lutte contre le changement climatique, contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent actuellement. Nous avons de bons résultats qu’il faut consolider. Avec tout ce qu’on a pu voir, on va montrer les résultats à tous ceux qui financent la lutte contre le changement climatique et voir si l’on peut avoir une deuxième phase ici au Burkina Faso.

 

Propos recueillis par

Nouroudine Lenoble LOUGUE

Assitant en Communication / PIF-Burkina Faso

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