Délimitation et bornage de la Forêt Classée de Tiogo : Reprise des travaux après 09 mois d’interruption, sous la médiation du Ministre Batio BASSIERE

Le Vendredi 15 mai 2020, Nagarpoulou, village riverain de la forêt classée de Tiogo a connu une ambiance particulière. Une forte délégation du Ministère de l’Environnement, de l’Economie Verte et du Changement Climatique conduite par le premier responsable du département est allée à la rencontre de la population. L’objectif de cette mission était de solliciter la compréhension et l’accompagnement de la population de Nagarpoulou pour une reprise effective des activités de délimitation et de bornage de la forêt classée de Tiogo.

Le Ministre Batio BASSIERE s’est investi dans les négociations avec la population de Nagarpoulou

Le programme d’Investissement Forestier (PIF) accompagne le gouvernement du Burkina Faso pour l’immatriculation des 12 forêts classées dans lesquelles il intervient. Dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de Gestion Participative des Forêts Classées pour la REDD+ (PGFC/REDD+), un processus a été engagé dans ce sens. Ainsi des activités de délimitation et de bornage ont été conduites à l’échelle de la zone d’intervention du projet. Au niveau de la forêt classée de Tiogo dans la Région du Centre-ouest, le processus de sécurisation a été interrompu à l’étape de la pose des bornes. En effet, une partie des populations riveraines de la forêt, en l’occurrence la population du village de Nagarpoulou, s’est opposée à la pose des bornes de délimitation. Toutes les concertations engagées au niveau régional n’ont pas permis de continuer les travaux. Cette situation a amené le PIF à sollicité la contribution de l’autorité de tutelle pour résoudre le problème. C’est ainsi que le 15 mai 2020, le Ministre de l’Environnement, de l’Economie Verte et du Changement Climatique s’est rendu personnellement dans le village de Nagarpoulou pour mieux comprendre le problème afin de trouver une solution consensuelle qui arrange toutes les parties.

 

Les raisons du bloquage

Les limites actuelles de la forêt ne sont plus en adéquation avec les limites mentionnées dans l’arrêté de classement qui date des temps coloniaux.

 

Les arrêtés de classement de la plupart des forêts classées du Burkina Faso datent de la période coloniale. De ce fait, les actes de classement ne sont plus en adéquation avec les réalités du moment. La croissance démographique entraine chaque année l’agrandissement des villes et villages, au point que beaucoup de forêts classées sont anthropisées de nos jours. C’est le cas de la forêt classée de Tiogo qui a subi une forte pression due à l’expansion des superficies agricoles. Le cas de Nagarpoulou est parlant. De 300 habitants en 1960, le village situé dans l’enclave du même nom compte aujourd’hui plus de 2000 habitants, en majorité agriculteurs. Des familles entières et des champs se trouvent aujourd’hui à l’intérieur de la Forêt classée. Raison pour laquelle les populations se sont montrées hostiles aux activités de bornage de la forêt. Selon Balibié BADIEL, représentant du village de Nagarpoulou dans le conseil municipal de la commune de Kyon « La réticence de la population vient surtout du fait qu’elle a été mise devant le fait accompli. Ce qui a manqué c’est la sensibilisation. Les gens ont agi parce qu’ils sont inquiets. Quand les travaux se sont arrêtés, nous avons engagé des discussions avec les techniciens. La population a souhaité que les limites de la forêt soient révisées afin que ceux qui vivent dans les limites actuelles de la forêt ne soient pas inquiétés. Malheureusement cette requête a été perçue comme un refus catégorique. En troisième position, même la commune n’a pas été associée. Voilà comment sont nées les incompréhensions ». Ces divergences ont conduit à l’arrêt total des travaux de bornage de la forêt.

 

Une médiation ministériel concluante

Balibié BADIEL : Conseil municipal de Nagarpoulou et le Ministre Batio BASSIERE présentent les résultats des négociations

 

Les échanges entre le Ministre Batio BASSIERE et la population de Nagarpoulou ont été empreints de courtoisie et de franc-parler. Les premiers à s’exprimer sont les représentants des populations. Leurs doléances se résument à une révision des limites de la forêt afin d’éviter d’aller vers d’éventuels déguerpissements. En guise de réponse à cette préoccupation, le Ministre Batio BASSIERE a rappelé aux populations que « le Burkina Faso a pris des engagements au niveau international pour conserver, protéger et renforcer ses forêts. De ce fait, le pays ne peut pas se permettre de diminuer la taille de ses forêts classées ». Il a également rassuré la population que le Programme d’Investissement Forestier (PIF) n’a pas pour objectif de mener des actions de déguerpissement. Mieux, le Programme travaille pour que les populations vivent en harmonie avec les forêts d’où elles tirent de nombreux bénéfices. Sur la base de ses informations rassurantes, un accord a été trouvé.  Selon Balibié BADIEL, représentant du village « Le consensus trouvé est qu’il faut permettre que le travail de bornage se poursuive sans modifier des limites de la forêt et sans déguerpir qui que ce soit. Les différents acteurs sont d’accord pour signer ensemble un document qui sera la preuve de l’engagement de toutes les parties prenantes ». Concernant les populations qui sont installées dans les limites de la forêt, le Ministre Batio BASSIERE s’est voulu rassurant. « Nous allons procéder à un recensement de ces acteurs et ensemble avec la population nous allons réfléchir sur les mesures à prendre pour qu’ils puissent continuer à tirer profit de cette forêt, tout en menant des activités qui renforcent son potentiel en matière de séquestration de carbone ».  Après 9 mois d’interruption, les travaux de bornage de la forêt classée de Tiogo ont effectivement repris le 1er juin 2020, soit deux semaines après la médiation du Ministre en charge de l’environnement.

 

 

Thierry Rolland N. OUEDRAOGO

Expert en Communication / PIF-Burkina Faso

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