PDIC/ REDD+ de la commune de Sapouy : Un exemple d’engagement pour la séquestration du carbone et la lutte contre la pauvreté

Le Projet de Développement Intégré Communal pour la REDD+ (PDIC/ REDD+) de la commune de Sapouy connait une bonne mise en œuvre. C’est l’assurance que donnent les acteurs communaux. Reboisement, accompagnement des activités génératrices de revenus, construction d’infrastructures socio-économiques; autant de réalisations qui font le bonheur des populations de la commune.

Aperçu d’un espace de conservation de la commune de Sapouy, avec une borne de délimitation implantée pour la matérialiser les limites de la zone

La restauration des espaces de conservation occupe une place importante dans le PDIC/REDD+ de la commune de Sapouy. En effet, trois unités d’aménagements forestiers, sur la dizaine que compte la commune, ont été retenues pour accueillir des activités du PDIC/REDD+. Selon le chef du service départemental de l’environnement de Sapouy, deux types de reboisement ont été réalisés sur ces espaces d’une superficie de 5339ha. « Le premier type de reboisement a consisté à reboiser une cinquantaine d’hectare par site par des espèces pourvoyeuses de Produits Forestiers Non Ligneux (PFNL). Ainsi, 1800 pieds de Tamarindus indica (Tamarinier) et 1800 pieds de Parkia biglobosa (Néré) ont été plantés dans chaque espace.  Le second type a concerné une plantation de délimitation constitué de plants de Khaya senegalensis (Caïlcédrat), avec un écartement de 20 m. », explique Aliou WANGARA qui soutient que ces espèces ont été choisies en raison de leur croissance rapide et leur biomasse importante, mais aussi pour bien matérialiser le site. Selon le contrôleur des eaux et forêts, des levés GPS ont été également été effectués et des bornes spécifiques de 1m de hauteur posés sur les limites des espaces de conservation. « Etant confronté à l’empiètement des limites, le bornage va permettre de bien voir les limites de l’espace », explique-t-il.

 

Réduire les pressions sur les forêts et espaces boisés

Le nouveau parc de vaccination de Galo

 Dans le cadre de la mise en œuvre de son PDIC/REDD+, la commune de Sapouy a conjugué ses efforts avec le Projet d’Appui aux Populations Dépendantes des Forêts (PAPF) pour renforcer les capacités du groupement féminin NEKENEDOUA.  Spécialisé dans la production maraîchère, le groupement a bénéficié de bassins de stockage d’eau, d’un forage à exhaure solaire et de puits. Ces investissements permettront d’accroitre les revenus des femmes, de sorte à ce qu’elles ne se rabattent pas sur la coupe et la vente du bois pour subvenir à leurs besoins. Dans le domaine de l’élevage, un parc de vaccination moderne et un forage pastoral ont été réalisé dans le village de Galo.  Cette infrastructure a contribué à changer les habitudes des éleveurs vis-à-vis des ressources forestières. En effet, les parcs de vaccination traditionnels étaient faits en bois. Ce qui occasionne la coupe du bois vert, donc des altercations fréquentes avec les services en charge de la protection des forêts. Le nouveau parc a également l’avantage de faciliter le travail des techniciens de l’élevage.

 

TEMOIGNAGE

 

Tiendrebeogo Amédé : 

Chef de Zone d’Appui Technique de l’Elevage de Sapouy (Centre-Ouest)  « Avec le parc de vaccination, ce sont des milliers d’arbres qui sont sauvés »

 

Le parc est situé dans le village de Galo et peut contenir environ 400 têtes de bovins. Il est composé d’une aire de stationnement et d’un couloir de contention qui peut contenir 15 têtes pour la vaccination. Avant, les parcs étaient réalisés en bois avec pour seule composante l’aire de stationnement. Les techniciens et les éleveurs étaient en insécurité parce qu’il fallait se battre avec les animaux à l’intérieur du parc pour pouvoir les vacciner. Dans cet exercice des agents ont été sérieusement blessés ; d’autres ont même perdu la vie suite à des coups de cornes. Mais avec le nouveau parc ce problème d’insécurité est résolu.  Le second avantage c’est la facilité de travailler. Avant il fallait s’organiser pour immobiliser l’animal qu’il faut vacciner. Ce qui était dangereux et assez difficile comme exercice. Mais avec le couloir de contention, le technicien est hors du parc. Ce qui lui permet d’avoir accès facilement aux animaux pour les vacciner. Le dernier avantage qui est tout aussi important est le fait que les parcs modernes réalisés en métal permettent de sauver les arbres. En effet, par le passé, pour réaliser un parc de vaccination en bois, il fallait abattre au moins 400 pieds d’arbre. L’exercice pouvait être renouvelé plusieurs fois dans l’année car les parcs en bois se dégradent facilement.  Avec le nouveau parc de vaccination, ce sont des milliers d’arbres qui sont conservés.

 

Nouroudine Lenoble LOUGUE

Assistant en communication / PIF-Burkina

 

 

 

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